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Le Grand Débat Citoyen sur la transition énergétique à Nantes Métropole

samedi 8 octobre 2016, par Emmanuel HOURDEQUIN

Film de présentation sur le site de Nantes Métropole : http://www.nantesmetropole.fr/actualite/l-actualite-thematique/vous-avez-dit-transition-energetique-place-au-debat-developpement-durable-climat-energie-88372.kjsp?RH=ART_DEVDURABLE

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Pourquoi un Grand débat sur la transition énergétique ?

Toute la suite de l’article est extraite du document suivant : TRANSITION ÉNERGÉTIQUE : GRAND DÉBAT CITOYEN :

Le défi climatique devient une telle urgence qu’il impose un engagement plus fort et une ambition renouvelée. Les villes et les métropoles ont les moyens d’agir pour accélérer la transition énergétique et en faire une opportunité, de créations d’emplois, d’innovation technologique, de transformations urbaines, tout en veillant qu’elles ne soient pas source de nouvelles inégalités. S’il est acquis que les métropoles ont un rôle prépondérant à jouer, la métropole nantaise ambitionne de jouer sa carte et son savoir-faire en matière de mobilisation collective et citoyenne pour préparer son avenir énergétique. Les changements qu’implique la transition énergétique en matière de modes de vie, de paysage, de modèle économique, d’approvisionnement, d’équilibre entre les territoires, de lutte contre la précarité énergétique justifient pleinement l’organisation d’un rendez-vous démocratique tel qu’un grand débat pour permettre à tous et toutes de s’approprier les enjeux et de faire connaître, tant leur réalité et contrainte, que leur solution.

La transition énergétique ne peut s’envisager hors d’un contexte national, voire international, mais peut aussi s’appuyer très concrètement sur l’initiative citoyenne et locale : c’est le pari de ce grand débat.

L’énergie concerne tout le monde, à la fois dans une perspective du long terme autour de choix structurants et aussi dans les actions du quotidien et de court terme (habitat, déplacement, consommation, alimentation, etc.).

Si chacun peut ressentir l’appel d’un changement nécessaire, des freins subsistent.

  • Comment agir pour le temps long ?
  • Comment faire ici et maintenant ?
  • Par quoi commencer et avec qui ?
  • Comment mesurer les premiers effets de l’action sur le territoire ?
  • Quels bénéfices à court terme et pour qui ?

« L’énergie » n’est pas un sujet si fréquemment discuté par les citoyens, en France en tout cas. Faire de la transition énergétique une occasion de débats et d’expérimentations à l’échelle de l’agglomération est une opportunité pour embarquer le plus grand nombre et se préparer ensemble aux évolutions à venir.

La métropole nantaise : un territoire en transition

Être une métropole de référence engagée dans la transition écologique et énergétique est un des principaux objectifs du projet métropolitain. Dans ce domaine, Nantes Métropole et ses 24 communes cultivent un temps d’avance. La métropole nantaise s’est en effet dotée depuis déjà une dizaine d’années de compétences sur l’énergie et d’un Plan Climat Énergie (PCET).

Elle compte parmi les toutes premières agglomérations françaises et européennes à s’être engagée aussi fortement dans la lutte contre le changement climatique par la mobilisation de toutes ses politiques publiques (énergie, déplacement, déchets, développement urbain...).

La métropole et les communes de l’agglomération portent des actions concrètes et des coopérations significatives comme le développement massif des réseaux de chaleur renouvelable, l’achat groupé d’électricité ou encore l’accompagnement des particuliers et des co-propriétés dans la rénovation énergétique.

La société civile est impliquée et active, grâce à une importante communauté d’acteurs, des citoyens engagés, et de nombreuses initiatives, à l’image des Familles à énergie positive, des Rendez-vous climat, des Forums énergie habitat, de quelques clubs d’entreprises pionniers et start-up ou encore de l’enseignement supérieur recherche (École des Mines, Université...).

L’engagement de la métropole en faveur du climat est reconnu à l’échelle nationale et internationale : Nantes a été désignée en 2013 Capitale verte européenne et a obtenu fin 2015 le label Cit’ergie. L’accueil à Nantes du Sommet mondial des acteurs du climat du 26 au 28 septembre 2016, dans la continuité des engagements de la 21e Conférence des Parties (COP21) sur le Climat à Paris, sa labellisation comme rencontre préparatoire à la COP22 au Maroc, conforte le rôle de premier plan joué par l’agglomération nantaise.

C’est forte des résultats obtenus ces dernières années et de ce maillage local que notre métropole ambitionne d’aller plus loin, d’accélérer la dynamique de transition en y associant le plus grand nombre. Depuis plusieurs années, un mouvement de fond se fait jour, qui fait de l’énergie - sa production, comme sa consommation - un commun dont les habitants, les entreprises, les élus d’un territoire auront la responsabilité localement.

Un grand débat « accélérateur » des capacités d’agir

En organisant un grand débat démocratique sur la transition énergétique à l’échelle de l’agglomération, c’est temps fort de mise en mouvement, d’accélération et d’expérimentation qui est proposé, avec toutes les parties prenantes :

  • Les partenaires et acteurs de l’énergie, qu’ils soient associatifs, privés, publics ou de l’enseignement supérieur et de la recherche ;
  • Les acteurs des transitions (numériques, démocratiques, économiques, etc.) ;
  • Les citoyens, avec une attention particulière portée aux jeunes et aux personnes en vulnérabilité énergétique ;
  • Les entreprises, notamment le tissu des entreprises PME–TPE et les start-up.

Ce débat métropolitain s’entend comme une occasion de favoriser une connaissance partagée de ce sujet par les citoyens, de soutenir la capacité d’agir des plus éloignés et du plus grand nombre, de refonder les synergies entre acteurs impliqués et des nouveaux.

Mais, le grand débat devra aller au-delà de l’information, de la pédagogie, du recueil de contributions et de la confrontation de points de vue, pour être aussi un débat du « faire ». C’est-à-dire un débat qui fasse une large place aux expérimentations, aux actions concrètes des acteurs et des territoires, et qui puisse aussi être une somme de preuves par l’exemple que la transition énergétique est non seulement souhaitable mais tout à fait possible si nous unissons tous nos forces.

Le débat sur la transition énergétique s’inscrit dans une perspective d’actions initiées tant par des acteurs pionniers associatifs, militants et économiques que via l’action publique. Les communes agissent pour certaines depuis déjà longtemps pour mobiliser les habitants sur ces enjeux. De nombreuses initiatives sont en effet menées dans l’agglomération et s’inscrivent dans la dynamique souhaitée pour ce grand débat. La métropole pourra ainsi s’appuyer et s’enrichir de ces premières expériences et les valoriser.

Un débat en 4 thèmes en phase avec les enjeux de la métropole nantaise

Afin de répondre à l’ensemble des enjeux liés à la transition énergétique, le grand débat propose quatre angles de questionnements élaborés collectivement avec les communes, lors des trois ateliers prospectifs organisés entre septembre 2015 et février 2016, et des acteurs du territoire.

Cette approche vise à contextualiser le débat aux singularités de la métropole nantaise, tenant compte de ses atouts, ses potentiels et aussi de ses points faibles en matière énergétique.

Question 1 : Maîtrise de l’énergie, consommation, sobriété, éducation Quelles transitions des modes de vie ?

  • Quels leviers en termes de consommation au quotidien, d’alimentation, d’habitat, de déplacement, de déchets, de santé, d’éducation ?
  • Quelles nouvelles échelles de vie : boucle et circuit court et de proximité ?
  • Comment inventer collectivement des modes de vie sobres en énergie et soutenables par et pour le territoire ?
  • Quelle économie du partage ?

Question 2 : Source et production, anticipation des fonctions urbaines

  • Territoire en transitions : quels paysages et nouveaux usages ?
  • Quelles productions d’énergies renouvelables, décentralisées pour répondre aux besoins de développement du territoire ?
  • Quel impact sur le paysage et les usages de la ville ?
  • Quel est l’urbanisme de la transition : réseaux, matériaux, smart grids ?
  • Quelle place de la nature et de ses fonctions : agriculture urbaine (nature productive), sécurité alimentaire ?
  • Quelle nouvelle relation d’interdépendance entre l’urbain et le rural
  • Quelles seront les zones d’activité du 21è siècle, autour de quels process industriels complémentaires ?

Question 3 : Coût de l’énergie : du financement de la production à l’accessibilité pour tous

  • Quelle appropriation citoyenne et locale de l’énergie : de la production à la consommation ?
  • Comment garantir le droit à l’énergie pour tous et quels que soient les territoires ?
  • Comment baisser la facture énergétique des ménages et des entreprises (pouvoir d’achat et compétitivité) ?
  • Comment garantir le droit à l’énergie pour tous et lutter contre la vulnérabilité énergétique ?
  • Quelles émergences de projets collaboratifs pour mieux consommer ?
  • Quels leviers pour un investissement participatif des habi- tants et des entreprises à la production d’énergie ?
  • Quels modes de financements de la transition énergétique : public-privé-citoyen ?

Question 4 : Filières économiques (dont agriculture), innovation- recherche, formation et emploi

  • Transition et économie : quelles opportunités d’innovation, emploi et insertion ?
  • Quelles filières, avec quelles entreprises, quelles formations : pour quels emplois ?
  • Quels nouveaux modèles : économie circulaire, économie collaborative, écologie industrielle ?
  • Quels apports de la recherche ?
  • Quelle innovation numérique pour soutenir la transition énergétique ?
  • Comment la transition énergétique peut-elle agir comme vecteur d’insertion sociale ?
  • Quel rôle des TPE et PME dans la chaîne de valeur d’un territoire en transition ?   Des modalités de participations augmentées : points de vue, expertises d’usage et expérimentations

Le grand débat sur la transition énergétique s’appuie sur les enseignements du débat « Nantes la Loire et nous » et en reprend des modalités pour garantir la pluralité des points de vue, la collecte des expertises, expériences et sensibilités de tous, et une traçabilité de l’ensemble des contributions, à savoir :

  • Un mandat cadre à travers la délibération ci-après soumise au conseil métropolitain ;
  • Des règles claires (charte du débat) et une offre de participation diversifiée accessible pour favoriser des niveaux d’implications divers, notamment des jeunes, des séniors et des personnes en situation de précarité ;
  • Un document socle pour assurer aux citoyens une connaissance de base, fiable, neutre, contextualisée et pédagogique, qui problématise les termes du débat, donne à voir d’où l’on part et pose le champ des possibles en matière de réglementation et d’engagements pris ;
  • Un site internet dédié, comme espace de convergence, de traçabilité et de transparence au fur et à mesure de toutes les contributions produites et sous toutes les formes (vidéo, cahiers d’acteurs, mail, photo, etc.).
  • Différentes modalités de participation sont prévues et pourront être mobilisées à toutes les échelles, du quartier à la commune et à la métropole.

Cette offre de participation répond à la double exigence démocratique souhaitée pour ce nouveau débat : aller chercher une diversité d’expressions et favoriser des expérimentations variées et accessibles à tous. Cette offre se décline pour permettre à chacun une implication « à la carte » dans le débat :

Soutenir l’appropriation et la montée en connaissance de tous. Exemples :

  • Déclinaison pédagogique et numérique de l’information socle ;
  • Visites « portes ouvertes » des sites liés à l’énergie (production, expériences citoyennes, labo de recherche, entreprises, etc.) ;
  • Auditions publiques d’experts ou d’entrepreneurs de projets.

Collecter et hybrider les expressions, les visions, les expertises. Exemples :

  • Cahiers d’acteurs que pourront remplir les acteurs institués (association, collectif, entreprise, collectivité) et contribution internet pour les expressions individuelles ;
  • Saisine par les communes des conseils citoyens existants ;
  • Séminaires d’acteurs autour des 4 questions du débat.

Soutenir l’expérimentation, la capacité d’agir et les nouvelles synergies collectives. Exemples :

  • Suivi évaluatif et citoyen de plusieurs expérimentations concrètes ;
  • Atelier citoyen sur la question de la vulnérabilité énergétique et à destination des publics éloignés ;
  • Élargissement des communautés à défis positifs à des sujets comme les déchets et les déplacements, à d’autres cibles comme les écoles et les entreprises ;
  • Formation d’un réseau de 100 facilitateurs pour accompagner des « communautés apprenantes » ;
  • Mobilisation de l’écosystème numérique local « au service de la transition énergétique » ;
  • Accompagnement de projets locaux pour financement participatif.

Appel à initiatives démocratiques

Au regard des enjeux pour le territoire, et de la volonté d’impliquer le plus grand nombre de citoyens, le débat se doit d’aller chercher au plus près les habitants et les entreprises de l’agglomération. C’est pourquoi, au-delà des modalités du débat proposées à l’échelle métropolitaine, les communes auront pleinement leur rôle à jouer pour permettre à tous de participer via les initiatives existantes. C’est dans ce même but qu’il est proposé de valoriser toutes initiatives qui viendront concourir aux objectifs visés et selon des formats divers, des plus techniques aux plus créatifs : conférences, workshop, concours, ciné-débat, café citoyen, concerts, etc.

« A chacun son énergie » est un appel pour que chacun, citoyen, collectif, réseau, acteur puisse être ambassadeur du débat auprès d’autres citoyens (amis, voisin, collègues, familles, adhérent, etc.). Ces initiatives, sous condition de respect éthique (pas de promotion commerciale, par exemple) pourront bénéficier du label grand débat et être valorisées sur le site Internet du débat, participant du foisonnement et de la créativité de notre territoire.

Dans cette perspective, le lancement de ce débat sera précédé d’un temps de préparation et de mobilisation avec les principales parties prenantes et principaux acteurs du territoire pour permettre l’appropriation de ses enjeux et modalités et, le cas échéant, des propositions d’ajustement.

La gouvernance du débat : neutralité et proximité

Le lancement du débat et les décisions qui seront à prendre à son terme relèvent du Conseil Métropolitain et de ses instances.

Afin de garantir une totale neutralité du débat, un comité tiers-garant, autonome et garant des règles, sans élu membre, incarnera le débat et son autorité vis à vis des participants au débat, des acteurs et des médias. Ce comité assurera la synthèse des préconisations au terme de la mise en débat, sous la forme d’un rapport indépendant et public.

Ce débat doit aussi garantir et soutenir la mobilisation des communes, au plus près des citoyens et des acteurs de proximité. Aussi, les maires des 24 communes, ou leurs représentants, déjà associés collectivement en amont de l’élaboration du débat, seront invités à partager et à suivre sa mise en œuvre au sein d’un comité de suivi politique et territorial.

Calendrier et attendus du Grand débat

Le grand débat doit se dérouler en trois étapes : la mise en débat sur plusieurs mois de septembre 2016 à avril 2017, suivie de la production du rapport du débat produit par le comité « tiers-garant », puis de l’instruction des préconisations citoyennes pour aboutir à des décisions qui engagent l’avenir de la métropole.

Ainsi, on peut attendre de ce débat qu’il produise une vision d’avenir partagé (territoire en transition énergétique), qu’il favorise une prise de conscience et une capacité d’agir, qu’il propose aux acteurs une feuille de route pour les années à venir.

Il comporte une double ambition : mettre en mouvement le territoire vers les transitions et créer les conditions d’une expérience fondatrice et collective de la ville collaborative.

Les politiques publiques de Nantes métropole, comme les actions des communes vont s’enrichir du débat. La réussite de la transition énergétique nécessite l’implication d’une multitude d’acteurs divers de par leur contribution et leur savoir-faire. On peut donc penser que le débat va créer les conditions propices à l’élaboration d’un pacte d’engagement multi-partenarial et citoyen qui fixera les orientations, les actions et les implications de chacun à court, moyen et long terme. Enfin la métropole se dotera d’indicateurs en phase avec les objectifs issus du débat pour partager les avancements de la transition et conforter les dynamiques collectives.

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