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Scandale Volkswagen : crime contre la santé publique et l’environnement

jeudi 1er octobre 2015, par Emmanuel HOURDEQUIN

Le scandale volkswagen est un cas d’école sur le manque de considération du pouvoir économique et politique vis à vis des intérêts de la collectivité, à savoir d’abord et avant tout la santé, avec le droit de chacun à respirer un air sain non empoisonné aux particules fines, monoxyde de carbone, oxydes d’azote, hydrocarbures polycycliques insaturés et autres poisons, à manger une nourriture saine et à boire une eau non empoisonnée avec des pesticides, perturbateurs endocriniens, déchets radioactifs, etc.

Cela prouve une fois de plus que les intérêts privés passent toujours systématiquement devant l’intérêt général.

Il est par exemple impossible de faire plier le gouvernement sur l’alignement du diesel ou du kérosène sur l’essence ou sur la fin du diesel en ville, de faire payer les pollueurs avec une écotaxe poids-lourds ou de lancer une vraie fiscalité antipollution digne de ce nom.

On connaît le résultat de cette inaction : 100 milliards d’euros à la charge de la collectivité, sans compter 7 milliards perdus à cause de la défiscalisation du diesel, 30 milliards avec le kérosène ainsi que 4 milliards avec l’écotaxe poids-lourds abandonnée (que le gouvernement allemand empoche sans problème) sans parler des milliards donnés aux professionnels de la route et l’aide de Macron aux autocars pour rouler avec du diesel.

On sait aussi que les camions transportent à pas cher nos cochons bretons à abattre en Roumanie (en faisant baisser les cours autour de 1 euro le kilo provoquant la vente à perte pour nos producteurs et la fermeture de nos abattoirs, donc perte d’emploi, du savoir-faire et de la qualité française). De même, les avions et les bateaux et tous les moyens de transport transportent à pas cher tout ce que l’on achète en France et qui est fabriqué en Chine. En plus de la pollution engendrée (pollution et cancers à commencer en Chine puis sur tout le trajet des marchandises) et du réchauffement climatique (fonte des glaciers, montée des eaux, réfugiés climatiques, maladies tropicales, frelon asiatique et moustique tigre chez nos) cela détruit tous nos emplois et tout notre tissu industriel (obligeant la collectivité à payer des milliards d’indemnités chômage) dans l’intérêt d’une minorité d’investisseurs étrangers (fonds de pension américains par exemple) qui cachent leurs bénéfices dans les paradis fiscaux pour ne rien redistribuer et optimiser les profits.

Une preuve que le diesel et plus généralement tous les gaz d’échappement des moteurs thermiques sont mortels, c’est qu’on ment aux gens à son sujet et que l’on cache la vérité pour pouvoir continuer à faire du sale business bien tranquillement.

Un tel mensonge, cela s’appelle un crime, d’autant que les scientifiques de l’OMS nous avaient bien prévenus avec leur déclaration du 12 juin 2012 comme quoi les gaz d’échappement diesel étaient classés cancérogènes certains (3 ans et 3 mois déjà sans que cela ne provoque le moindre changement de comportement) et celle du 17 octobre 2013 disant que l’air des villes était cancérogène certain. Pendant ce temps, d’autres scientifiques ingénieurs ont fabriqué des logiciels pour truquer les tests antipollution, avec des test eux-mêmes complètement mensongers qui ne correspondent absolument pas aux conditions réelles d’utilisation et qui sous-estiment très largement le degré de nuisance pour la santé publique avec la bénédiction de l’état.

Laisser faire ce crime ou même l’encourager, cela s’appelle une complicité de crime et une trahison. Cette trahison, on la ressent de la part de nos gouvernants, élus par la collectivité, devant logiquement défendre l’intérêt de la collectivité et étant dans l’incapacité de le faire ou pire faisant l’inverse, à savoir agissent dans l’intérêt de pollueurs avec de l’argent public (bonus sur des véhicules, soit disant non polluants, comme les diesel ou défiscalisation du diesel, du kérosène et de la pollution en général). Ils nous disent qu’ils font cela pour notre bien car cela relance la croissance donc l’emploi, sauf qu’une croissance sale qui triche pour cacher qu’elle est sale, cela ne nous intéresse pas car ce que l’on cache en même temps c’est le coût externe exorbitant des dégâts sanitaires et environnementaux à supporter par la collectivité très largement supérieur aux bénéfices du privé (qui ne lève jamais le petit doigt pour aider un tant soit peu les cancéreux). On nous prend pour des gogos.

Croire qu’il n’y a que volkswagen qui triche et qui pollue serait bien naïf. Tous les constructeurs sont concernés et plus généralement tous les industriels et toutes les banques privées (voire publiques avec la Bpifrance) qui les financent sans oublier les médias privés (et même publics). L’industrie automobile et VW en particulier ne sont qu’une petite partie de la partie émergée de l’iceberg.

Comment qualifier un tel crime :

  • Contre l’humanité (car on tue par empoisonnement des millions de personnes) ?
  • Contre la collectivité (car on nous ment, on nous empoisonne, on nous spolie, on détruit nos emplois) ?
  • Contre la santé publique (car on nous rend malades) ?
  • Contre l’environnement (car on empoisonne tout notre environnement, air, eau, nourriture) ?

Peut-être un peu tout cela à la fois...

Le plus triste, le plus vexant et le plus honteux de tout cela, c’est d’entendre et de lire à longueur de journée que la solution pour sortir de la crise, c’est de diminuer les dépenses de l’état, et tous ces propos et écrits comme quoi les services publics coûtent trop cher et qu’on n’a plus assez d’argent pour payer les hôpitaux publics, la justice, la police, l’armée, l’enseignement public, la recherche publique, l’université, etc. On nous bombarde tous les jours, plusieurs fois par jour et même la nuit à la télé que la solution à tous nos problèmes, ce serait de mettre tous les fonctionnaires à la porte, de ne pas remplacer ceux qui partent en retraite et de geler les salaires (c’est ce qui est pratiqué par tous les gouvernements sans exception). Là encore, on nous ment et on nous trahit. On confond dépense et investissement et on veut de la rentabilité là ou elle n’a aucune raison d’être. Le soin d’une personne, l’éducation, la justice, la protection est un droit et un progrès social exigeant la plus grande qualité et les moyens humains et financiers nécessaires qui vont avec, gérés avec rigueur mais sans avarice excessive.

  • Sans recherche publique indépendante, protégeant la collectivité, comment arrêter les scientifiques tricheurs travaillant pour des intérêts privés ?
  • Comment soigner les pauvres et les riches des cancers de la pollution et faire de la prévention sans les CHU qui font un travail formidable ?
  • Comment apprendre les dangers de la pollution sans les professeurs ?
  • Comment nous protéger des émissions polluantes sans les policiers ?
  • Comment punir les pollueurs sans la justice ?

Soit en résumé : Comment protéger la collectivité sans les services publics garants de ses intérêts ?

Réponse : C’est impossible. Envoyer les fonctionnaires à l’abattoir, c’est se jeter dans la gueule du loup, c’est à dire donner la collectivité en pâture aux intérêts privés, là où l’argent est dieu, là où il pourrit tout puisque c’est l’argent qui devrait être au service de l’homme et non l’inverse. C’est ce à quoi conduit l’ultra-libéralisme Européen ou celui de Sarkozy ainsi que le social-libéralisme du productivisme sale de Hollande, Valls et Macron. Les deux politiques reviennent au même au final. La seule différence pour la dernière est la trahison de l’électorat de gauche, à savoir majoritairement la classe moyenne et les fonctionnaires.

L’autre solution, dont on ne parle jamais mais qui cette fois-ci est la bonne, c’est d’augmenter les recettes de l’état en taxant la pollution plutôt que le travail, en taxant les transactions financières, en luttant contre les paradis fiscaux et l’évasion fiscale, en faisant la transition énergétique vers les énergies renouvelables que l’on n’a pas besoin d’acheter puisqu’il y en a chez nous contrairement au pétrole, au charbon et à l’uranium qui pèsent lourdement dans notre balance commerciale et en développant le circuit court, le bio et l’économie circulaire. C’est aussi de mettre en place un droit de l’environnement digne de ce nom où la notion de crime contre l’environnement sera enfin reconnue pour que les pollueurs soient punis comme il se doit afin qu’ils contribuent à réparer le mal qu’ils ont fait et pour les empêcher de recommencer.

Emmanuel Hourdequin

7 Messages de forum

  • Bonjour,

    je pense qu’il est tout de même bon de faire vivre l’empire capitaliste. C’est ce qui nous fait vivre, sans les plus riches de ce monde nous ne sommes rien. Il faut forcément un pourcentage de la population qui soit défavorisé. C’est pourquoi le fait que volkswagen pollue ne me gène pas, la planète le subit depuis assez longtemps pour y survivre.

    Cordialement.

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    • Bonjour,

      Encore un facho à ce que je vois. ous savez, le peuple est démuni, et ce n’est pas en soutenant la cause des dirigeants politiques que vous l’aiderez.
      Battez-vous plutôt aux côtés des révolutionnaires !

      Cordialement,

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      • Bonjour,

        Finalement je retire mon argument. Je pense que vous avez totalement raison, et je rejoins désormais votre opinion.
        Malgré votre côté facho, il est vrai que la Terre s’habitue à la pollution, et il est peut-être même bon de continuer à polluer pour forcer des innovations technologiques, dans l’optique de faire progresser l’humanité.

        Cordialement.

        PS : J’aime beaucoup ce site, serait-il possible de faire plus d’articles ? Par exemple nous n’avons rien eu sur la Cop21, ou même la situation géopolitique actuelle.

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        • Scandale Volkswagen : crime contre la santé publique et l’environnement 24 janvier 2016 17:56, par Emmanuel HOURDEQUIN

          Merci pour vos compliments. Je suis contre toute forme de discrimination et de dictature, en particulier celle de l’argent qui dans le système ultralibéral sert l’intérêt privé au détriment de l’intérêt collectif en produisant la pollution et le réchauffement climatique et ce n’est pas la Terre qui court le plus grave danger mais l’humanité tout entière qui vit dessus (en rendant la Terre invivable alors qu’il n’y a pas de planète de secours, c’est le suicide assuré pour tout le monde à cause d’une poignée d’égoïstes criminels et imbéciles qui oublient qu’ils sont sur le même vaisseau spatial que tout le monde). Il faut changer de paradigme. E.H.

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  • Le scepticisme (du grec skeptikos, « qui examine ») est au sens strict une doctrine selon laquelle la pensée humaine ne peut déterminer une vérité avec certitude, nous faisons preuve de scepticisme lorsque l’on doute de quelque chose. Il ne s’agit pas de rejeter la recherche, mais au contraire de ne jamais l’interrompre en prétendant être parvenu à une vérité absolue. Son principal objectif n’est pas de nous faire éviter l’erreur, mais de nous faire parvenir à la quiétude (ataraxia), loin des conflits de dogmes et de la douleur que l’on peut ressentir lorsqu’on découvre de l’incohérence dans ses certitudes. Le scepticisme affirme que l’homme ne peut trouver ni une réponse aux questions philosophiques, ni une certitude concernant les réponses aux questions philosophiques et énigmes de la nature et de l’univers, même si elles existent.

    Dans l’Antiquité, l’école sceptique eut pour fondateur le philosophe Pyrrhon (360–275 av. J.-C.) dont nous ne connaissons que peu de choses. Nous possédons cependant quelques fragments de l’œuvre de son disciple Timon de Phlionte. Le scepticisme antique est ainsi résumé par Sextus Empiricus :

    « Le scepticisme est la faculté de mettre face à face les choses qui apparaissent aussi bien que celles qui sont pensées, de quelque manière que ce soit, capacité par laquelle, du fait de la force égale qu’il y a dans les objets et les raisonnements opposés, nous arriverons d’abord à la suspension de l’assentiment, et après cela à la tranquillité », Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, I, 8 »

    Au-delà de cet usage strict du terme, sceptique est un adjectif abondamment utilisé, dans des sens parfois éloignés de l’usage antique. Il a servi à désigner un certain défaitisme face à la connaissance, particulièrement à la Renaissance. Le terme a, enfin, été récupéré par des mouvements n’ayant qu’un lointain lien avec le scepticisme mais qui cherchent à mettre en avant leur contestation face à des idées présentées comme vérités.

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  • Super article, que pensez vous d’un article sur NDDL ?

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    • Scandale Volkswagen : crime contre la santé publique et l’environnement 11 février 2016 21:47, par Emmanuel HOURDEQUIN

      Merci ! Concernant les aéroports et plus particulièrement NDDL c’est exactement la même problématique : une bonne taxe sur le kérosène (au moins sur les vols intérieurs - reversée en partie à la SNCF pour diminuer les tarifs des trains) et ça irait tout de suite mieux. Cela permettrait de diminuer le trafic aérien et de relancer le rail (la SNCF est obligée de polluer au diesel en faisant du car Macron pour survivre) et l’actuel aéroport suffirait amplement. NDDL ferait encore plus la promotion des compagnies low cost en détruisant nos emplois à Air France (j’en profite pour saluer les pilotes et tout le personnel qui font un super boulot et qui ont parfaitement raison de lutter contre la dégradation de leurs conditions de travail). Un nivellement vers le bas où le prolétaire a intérêt à aller à Marseille en avion plutôt qu’en train parce que ça coûte deux fois moins cher en oubliant que ça pollue cent fois plus (nuisances chimiques et sonores) est parfaitement absurde. Nos politiciens (nos élites) manquent singulièrement de vision à long terme et semblent peu se soucier de l’intérêt collectif, de la santé et du travail des gens. Faire payer les pollués au lieu de faire payer les pollueurs ne peut que conduire à une impasse. E.H.

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